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Le nom de Podor viendrait de la
légende liée au "pot d’or",
canari rempli d’or que les sérères
avaient laissé sur place à leur départ
et que les populations et les combattants ; qui revenaient
de la bataille de Pété de Thierno Bocar
avaient retrouvé, à leur grande surprise.
La
ville de Podor, cœur du Fouta Toro, de par
sa position géographique, a constitué la
base des expéditionnaires de la colonisation.
Depuis, la ville a toujours occupé des fonctions économiques,
politiques et administratives importantes et connaît
trois périodes qui ont profondément
marqué son évolution.
La
Période d’apogée économique
Elle
est marquée par l’implantation d’infrastructures
comme le Fort construit en 1744 par le Gouverneur
Général Pierre Barthélemy
David, au profit de la compagnie des Indes. Il
a été reconstruit par le Général
Louis Faidherbe en 1854 suite à l’expédition
de Podor du 27 mars 1854. Il faut rappeler que
le site a été occupé par les
Anglais de 1758 à 1783.
C’est à Podor
qu’était regroupé le 1er régiment
des tirailleurs Sénégalais qui ont
participé à la pénétration
française en Afrique. Lieu de sécurité et
d’essor économique, la ville est un
nœud important dans le réseau urbain
du bassin du fleuve Sénégal.
Cette
vocation internationale très tôt assumée,
a fait de Podor, une ville cosmopolite où cohabitent
toutes les ethnies de la sous région.
Elle
accueillait à cette époque des populations
d’origines diverses (maures, bambaras, wolofs
et toucouleurs).
Elle
devint ainsi un important pôle d’échanges
entre la Mauritanie, le Sénégal et
le Soudan Français (actuel Mali) grâce à un
commerce prospère de la gomme arabique,
de l’or, des produits artisanaux et manufacturés.
L’activité commerciale
initiée et entretenue par des maisons de
commerce françaises (Maurel &Prom, Devès
et Chaumet, Peyrissac, la Compagnie Française
de l’Afrique Occidentale), italiennes et
libanaises, reposait sur le trafic fluvial à partir
du quai de Podor pouvant recevoir des bateaux en
toutes saisons.
Les
populations autochtones se distinguaient par leur
productivité aux plans de l’agriculture
et de l’artisanat. Autosuffisantes en céréales,
elles exportaient d’importantes quantités
de mil vers la métropole et les zones de
production d’arachide. L’artisanat,
s’appuyant sur le génie des différentes
ethnies en présence, s’est illustré dans
la poterie, les nattes et l’ornement des
peaux.
Malheureusement,
cette situation d’apogée économique
devait diminuer d’intensité avec le
retrait des colons, la baisse du trafic fluvial
et la construction de la route du Diéri
vers les années 70.
La
période de rupture
Avec
l’arrêt du trafic fluvial qui rythmait
la vie des populations et l’avènement
de la route du diéri, la ville de Podor
s’est installée dans un enclavement
qui parvint à lui ôter toute son influence économique.
Elle vécût de 1963 à 1973 une
grande sécheresse causant une forte déforestation,
voire une grande famine.
La loi 64-46 du 17 juin 1964, relative au domaine
national, l’implantation de la SAED en 1974
et l’entrée en vigueur de la réforme
de l’administration territoriale et locale
dans la région de nord en 1981 ont profondément
bouleversé le dynamisme du secteur agricole
qui faisait vivre plus de 95% de la population.
Cette
loi sur le domaine national (gestion des terres),
s’est heurtée à de sérieux
blocages liés à la réticence
des anciens propriétaires terriens. L’Etat
et les partenaires au développement rencontrèrent
beaucoup de difficultés dans la réalisation
d’aménagements collectifs prévus
dans leur programme.
Avec
la politique d’aménagement hydro agricole,
la gestion des barrages qui ne prenait en compte
que la culture irriguée, a brutalement bousculé les
habitudes. Les habitants de Podor qui vivaient
essentiellement de la culture de décrue,
se sont alors confrontés d’année
en année à une indisponibilité de
terres inondées.
La
Commune relativement coupée des grands centres
urbains de la région, voire du pays à cause
de l’abandon du trafic fluvial et son éloignement
par rapport à la route nationale, a perdu
son dynamisme au plan commercial et artisanal.
La
période de décadence
La
régulation du débit du fleuve Sénégal
suite à l’implantation des barrages
de Diama et Manantali a eu pour effet négatif
la disparition de la crue. Ces changements de régime
du fleuve ont aussi durablement affecté la
pêche qui souffre terriblement de la raréfaction
de la ressource.
De plus, le conflit entre le Sénégal
et la Mauritanie dont la conséquence principale
est la perte des terres de la rive droite où les
habitants de Podor exploitaient 160 km², a installé l’économie
dans une profonde crise. L’agriculture, pilier
principal de l’économie est tombée
dans une situation moribonde.
La situation de l’élevage devenait alors
difficile; puisque non seulement le pâturage
herbacé était rare, mais aussi la disparition
des résidus agricoles aggravait la situation. |