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Gandiol, St-Louis, Sénégal
Réserve spéciale de Gueumbeul (RSG) et la région de Gandiol

Réserve de Gueumbeul

A une dizaine de kilomètres au sud de Saint-Louis du Sénégal, on entre par la départementale 400 dans le Gandiolais, la « Camargue » du fleuve Sénégal.

La Réserve :

Pêcheurs à l'épevierCréée en 1983 sur 720 hectares clôturés, la petite réserve de Gueumbeul visait à protéger un échantillon des lagons saumâtres ou/et salins du Gandiolais et à réhabiliter une savane à acacias largement endommagée par la pression humaine. Si le verdoyant couvert arboré du site tranche désormais avec les paysages sahéliens environnants, force est de reconnaître que depuis plus de dix ans la réserve connaît d’importants problèmes de mise en défens (clôtures endommagées) et de sauvegardes de son grand lagon, prématurément à sec après la mousson. A partir de 1996, le système de vannes hydrauliques qui contrôle ici comme partout dans le delta les flux et reflux des eaux du grand fleuve et des intrusions marines a le plus souvent été en panne : faute d’entretien, faute de moyens pour réparer… Les xalis ont enfin été débloqués pour la mousson 2009, et les principaux ouvrages ont été réhabilités : une centaine d’avocettes étaient déjà de retour à l’automne 2009; et au pont de Bountou Baat, principale vanne reliant Gueumbeul aux bolongs du fleuve, sur la route goudronnée de Ndiebene, les pêcheurs à l’épervier sont à l’oeuvre, au milieu des mouettes à tête grise !

Réserve de Gueumbeul

Près de 200 espèces d’oiseaux ont été recensées à Gueumbeul, dont 69 espèces d’oiseaux d’eau (Direction des parcs nationaux, 1996). Si le lagon est en eau, Gueumbeul est un site remarquable pour y observer quelques unes des espèces emblématiques du delta : canards (souchets et pilets, essentiellement) et limicoles (courlis, barges à queue noire, échasses blanches, bécasseaux et chevaliers divers, gravelots, pluviers argentés) descendus d’Europe pour l’hiver ; laridés nicheurs (deux îlots ont été aménagés pour la nidification des sternes naines et des sternes hansel) et hivernants : on peut y voir passer le rare tortue sillonnée (testudo sulcata) de la réserve spéciale de Gueumbeul vers Gandiol Saint-Louis du Sénégalgoéland d’Audouin, mais aussi observer près de 700 goélands railleurs (mais jusqu’à 4000Tortue à la réserve de gueumbeul en 1988), plus de 1000 mouettes à tête grise, des sternes caugeks et sternes naines, en nombre. Quant aux espèces spectaculaires : outre les emblématiques oiseaux du Gandiolais, comme les pélicans blancs, qui peuvent s’y arrêter par centaines, et les flamants roses, qui peuvent y stationner par milliers (4500 en 1996, 688 en janvier 1990, en compagnie cependant de 171 flamants nains, rares en Afrique de l’ouest), on portera un regard attentif aux spatules d’Europe (jusqu’à 500, 154 en janvier 1990) et aux avocettes élégantes, qui avaient donné au site son prestige ornithologique à l’ouverture de la réserve : une moyenne de 2000 individus en hiver (fin septembre octobre à mars), mais jusqu’à 7000 avocettes recensées en 1988 ! Gueumbeul a été classé site aquatique d’importance internationale, sur la liste de la convention de Ramsar, en 1986.

La réserve est connue pour être aussi l’enclos expérimental de plusieurs espèces de mammifères disparues des confins sahélo sahariens depuis des décennies : la station espagnole d’Almeria a offert dans les années 80 un contingent de gazelles dorcas et de gazelles dama de la race marocaine mhor ; depuis, des addax et des oryx algazelles ont rejoint le cheptel dont on dit que leur transfert régulier (23 dorcas, ces derniers mois) A Gandiol, Saint-LouisCocotiers et palmiers à Tassinère Gandiol près de Saint-Louis du Sénégaldans un autre enclos de 650 hectares (provisoire, dit-on) des steppes de la réserve de 650 000 hectares du Ferlo nord, à plusieurs centaines de kilomètres du coté de Rewane, est un succès. Dont acte. A Gueumbeul, un troupeau d’oryx a été lâché dans la réserve, et si la chance sourit au visiteur il sera loisible de les approcher près du chott central dont ils fréquentent régulièrement les plages où ils se régalent de sel. Idem pour les tortues sillonnées (testudo sulcata), la plus grande tortue terrestre d’Afrique, en voie de disparition dans son habitat subsahélien, dont le dernier transfert vers le Ferlo a eu lieu en 2006.

Les patas (singes rouges) sont partout visibles, même hors de la réserve. Néanmoins, à Gueumbeul, ceux-ci sont particulièrement peu farouches, escaladant les bâtiments administratifs et les miradors, ou chapardant sans vergogne quelque nourriture aux gazelles et antilopes. Les autres mammifères de Gueumbeul, réellement sauvages, sont : le renard blond des sables (ou renard pâle), le chacal commun, le phacochère commun, la mangouste ichneumon, le zorille, la genette commune, l’écureuil terrestre du Sénégal, le lièvre de Crawshay.

Texte : Frédéric Bacuez http://ornithondar.blogspot.com
Photos : Eddy Graëff


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