L'humoriste Zoumba cartonne à l'Institut Français

 

23/01/10. Après "Rêve de France" en 2009, l'humoriste saint-louisien Zoumba nous a proposé, ce vendredi à l'Institut Français, son dernier spectacle intitulé "Superstitions". Les bons ou mauvais présages des cauris, les marabouts, prêtres et féticheurs, fétichistes, l'horoscope, le tarot, la numérologie... Ou comment le trouble obsessionnel nous envahit tous, sénégalais et occidentaux. Par de savoureux jeux de mots et de situations, Zoumba met en espace notre 'moi intérieur' pour nous faire rire le plus sérieusement du monde de nos croyances, de toutes nos croyances.

 

L'humoriste Zoumba cartonne à l'Institut Français de saint louis du senegal photo Eddy Graëff

 

 

Interview saintlouisdusenegal.com :

 

Zoumba, d'où venez vous ?

- Je suis authentiquement de Saint-louis, cette ville et cette région qui me définissent tout entier. Mes parents sont des enseignants émérites qui m’ont prodigué ce gout de l’art, eux qui tenaient leurs classes comme on tiendrait un public de théâtre. J’ai fait mes humanités au Lycée Charles de Gaulle, bien pris en charge en Français par le professeur Moussa Fall dit Laurent que je me réjouis de voir dans le staff du maire. Puis j’ai été formé au Conservatoire National de Musique, de Danse et d’Art Dramatique de Dakar. J’ai alors servi comme animateur culturel à Louga puis comme professeur de Lettres à Bignona et depuis 15 ans dans ma ville que j’essaie de servir au mieux.

L'humoriste Zoumba cartonne à l'Institut Français de saint louis du senegal photo Eddy GraëffAprès le succès de 'Superstitions' à l'Institut Français de Saint-Louis, quels sont désormais vos projets pour ce spectacle ?

- Pour cette nouvelle pièce « Superstitions », je n’ai encore joué que la première. Mais la mayonnaise va prendre, inchallah. En principe cela ne dépend pas de moi, car j’ai un agent assez dynamique, Samba Diop. L’année dernière nous avions réussi un bon coup de promotion pour « Reve de France » que j’ai joué à Dakar et en France, après la Première à l’institut Français de Saint-Louis. Elle est programmée en tournée internationale imminente. Monsieur Didier Moniotte, le directeur de l’Institut Français, m’aide beaucoup dans ce sens, il faut le dire. Il me fait confiance, essaie de me trouver des opportunités, parle toujours de moi à ses pairs et me confie des projets et programmes importants de l'Institut Français de Saint-Louis, il nous associe tous à l’action de culture et c’est un facteur qui booste nos énergies créatrices locales.

En tant que saint louisien, quels sont vos espoirs, qu'aimeriez vous voir, ou faire à Saint-Louis dans le domaine culturel ?

- Normalement je devrais être mal à l’aise devant les élus locaux et les responsables du service public. Car ils savent tous que c’est moi Zoumba qui sans être un activiste, avais mobilisé il y a deux ans tout le Collectif des Acteurs et Opérateurs Culturels de Saint-Louis pour protester contre la carence en infrastructures de culture. C’était l’affaire Rogniat, cet batiment qui appartient de droit aux artistes et que les élus de l’époque voulaient nous prendre. Cette question n’est toujours pas résolue, mais nous avons quelque espoir avec des structures américaines du Kentucky qui seraient enclines à nous appuyer pour la construction d’un complexe de culture à Saint-louis. C’est un dossier que nous traitons passionnément dans le cadre de notre toute nouvelle association Verbe-Action, qui va bientôt rencontrer le maire pour harmoniser.

Saint-Louis est une ville qui renaît et qui revit, qui se reprend en charge. Son agenda culturel est très fécond et on lui envie ses ressources humaines, mais son problème se résume en deux mots : Formation et Infrastructures. Oui car il serait vraiment bénéfique de créer à l’Université Gaston Berger un département des Arts, Et de construire enfin un Centre Culturel faisant oublier ces vieux murs en décrépitude qui nous abritent à Léona.

 

un message particulier ?

- Comme je l’ai dit dans ma pièce « Superstitions », cela fait 350 ans que cette ville chante, on va enfin l’écouter.

 

 

Photos © Eddy Graëff

 

 

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