Brèches dans la Langue de Barbarie: de mal en pis…

Brèches dans la Langue de Barbarie: de mal en pis…

Deux mois et demi après les deux nouvelles déchirures faites par l’Atlantique dans la Langue de Barbarie (Lire ICI), la situation est encore plus dramatique qu’envisagée ! Au sud de la fameuse brèche du Maître Wade et de ses hommes de main, ce sont désormais des kilomètres du cordon dunaire et ses filaos qui partent dans les déferlantes. La mer a rejoint le fleuve. Sur la rive continentale du Sénégal, après l’île de Doune Baba Dieye, abandonnée aux caprices des eaux (Lire ICI), c’est au tour des riverains du Gandiolais d’être en première ligne, face aux éléments vengeurs !

Sur la Langue, la furia est à cinq cent mètres du campement hôtelier Océan et Savane, condamné. Partout, les arbres plantés jadis pour stabiliser le sable partent avec lui, sous les coups de boutoir des vagues. A part les discours, les visites ministérielles et les promesses qui, elles, ne coûtent pas les milliards que nécessiteraient des réparations hors de portée des dérisoires finances sénégalaises, il n’y a plus rien à faire, dix ans après l’irresponsabilité pharaonique de 2003.

Voilà aussi la rançon de trente années (au moins) d’incuries “progressistes” et autres ‘mises en valeur’ – endiguements, barrages, arrêt forcé des remontées salines, atténuation des crues limoneuses, assèchement de zones humides indispensables au bon fonctionnement du réseau deltaïque, salinisation des terres, canalisations au petit bonheur la chance, riziculture coûteuse, canne à sucre et maintenant braderie de terres aspergées en plein cagnard sahélien à grand renfort d’arrosoirs automatiques, destruction du couvert boisé, pollutions diverses et variées, absence de traitement des déchets, inerties citoyennes, incuries politiques ! En attendant le prochain cycle trentenaire de sécheresses, qui reviendra, tôt ou tard, dans un pays parmi les plus déshérités de la planète, et qui aura qui aura plus que doublé sa population, passant de 9 millions d’habitants en 1998 à 21 millions d’âmes en 2030.

Sources et photos, Frédéric Bacuez pour Ornithondar